Better Than Any Man # Episode 7
Avec
- Dorothea Faber, Mage Orthodoxe
- Sylvain de Miroufle, Nécromancien
- Angela d'Erschel, Mage de l’Octarinat
- Uggy von München, Charlatan
- Elric, Monte-en-L'air
Récit rédigé par : Nicolas (aka Angela d'Erschel)
Basse Franconie, Samedi 4 octobre 1631
Retour à Thungen
Nous sommes le samedi 4 octobre, en fin de matinée. A Thungen, il ne pleut plus pour une fois. L’équipe rentre de sa première expédition dans la mine. Emil est resté sur place, pris d’une diarrhée aiguë, il n’est pas en mesure de se déplacer et reste cloîtré dans les bureaux de l’ancien responsable de la mine d’argent.
En chemin, Angela, Uggy et Elric discutent de la marche à suivre, entre cacher la vérité sur les morts atroces des mineurs, ou avouer la dure réalité. Après hésitations, ils décident d’être franc envers la population et obtenir de l’aide pour aller plus loin dans les galeries. En arrivant au village, ils remarquent rapidement que les murs sont gardés par des femmes et que d’autres ont entrepris de retaper quelques maisons pour les transformer en abris. Une forte activité règne, à part pour les trois vieillards qui se sont appropriés le pouvoir local et qui sous l’arbre au centre de la place principale discutent et semblent apprécier de ne pas avoir à faire quoi que ce soit.
Apercevant les “héros”, certaines femmes s’arrêtent et se dirigent vers le groupe pour demander des nouvelles de leurs hommes. Uggy se dirige vers un premier groupe de femmes pour les calmer et leur dire qu’il va faire une annonce à tout le village.
Angela s’en va secouer les trois vieillards, agacée de voir, une fois de plus, des incompétents laisser le travail aux femmes. Après quelques échanges, réalisant leurs médiocrité machiste, elle retourne le jeu pour les forcer à venir à la mine. Elric met en courant Sylvain et Dorothea sur les évènements de la mine et la mort de son oncle Rudolf Faber.
Pendant l’expédition, Dorothea et Sylvain demeurés au village ne sont pas restés inactifs : Dorothéa en a profité pour écrire des sorts sur ses parchemins, tandis que Sylvain a discuté avec l’âme de Gerald sur le succès du sauvetage des enfants et le fait que les villageois reconnaissant allaient ériger une statue de lui en son honneur.
Uggy prend la parole et, dans un discours plein de passion et vibrant d’émotion annonce la mort des hommes du village. Les enfants pleurent, des femmes craquent, lâchant après avoir tant tenu. “Nous avons besoin d’aide pour identifier les corps et progresser plus loin pour voir s' il n'y a pas d’autre survivant. Il nous faut des hommes forts”, jetant un regard entendu à Angela.
Le chef des trois vieillards, aussi courageux qu’une poule de basse-cour, argumente que l’on ne peut pas laisser les femmes seules tenir le village (elles risqueraient de tomber sous l’emprise du diable et d’incubes, voire de virer sorcières) et qu’ils doivent rester pour guider la reconstruction et attendre la venue du Père Johannes qu’ils ont fait mander à Werneck pour donner une messe pour les défunts.
Angela intervient et, pointant du regard 3 femmes fortes, avance qu’elles sont capables de gérer le village et le prouvent déjà. Répondant à cette suggestion, les 3 femmes annoncent la prise de contrôle et l’ensemble des villageoises crient en coeur le nom de Karl Böhl (Note du MJ : immédiatement surnommé “Burglekutt” par les joueurs), chef des vieillards, pour l’entrainer à suivre nos héros vers la mine.
Un nouvel allié
Pendant ce temps, Dorothea est partie interroger l’ancien prisonnier de Dittmar, qui a fini par se rétablir et a retrouvé ses esprits : Valentin von Rieneck, percepteur de l'archevêque de Würzburg.
Malgré son visage disgracieux, son attitude dégage toute la noblesse de son statut. Il semble respecté à Thungen et habile de son épée. Il est au courant que les hommes ont creusé dans la mauvaise direction dans la mine, ce qui intrigue Dorothéa. La colère pointe dans les yeux de Valentin lorsqu’elle lui pose la question de la rançon que l’archevêque n’a pas versé pour le délivrer des griffes de Dittmar. Il entretient désormais une rancœur, une haine, pour l'archevêque et propose son aide au groupe pour retourner dans la mine, en échange d’un soutien dans sa vengeance contre son employeur.
“L’abîme appelle l’abîme”
En début d’après-midi, après avoir réglé quelques préparatifs, Sylvain, Elric, Uggy, Angela, Dorothea et le lâche “Burglekutt” partent en direction de la mine. En chemin, Valentin partage sa connaissance sur les problèmes de la région, les brigands, la milice de la paix et les insectes. Il a une bonne connaissance de la situation ainsi que de l’organisation de la mine dont il prélevait une partie des profits pour le compte de l’archevêque. Il confie que la porte interdite que les mineurs auraient abattu est ancienne, construite sous l’empire romain. Il explique que la phrase latine inscrite sur cette porte "Abyssus abyssum invocat" avait pendant des années dissuadé les habitants de Thungen de creuser dans cette direction, et ce jusqu’à ce que la soif du gain du brigand Dittmar fasse franchir cette limite impie.
La descente
Arrivés sous un ciel gris mais sans pluie à la mine, ils décident de descendre, “Burglekutt” en premier par la corde laissée précédemment. A la vue des cadavres et des visages de ses anciens camarades, “Burglekutt” fond en larme, déchiré entre chagrin et horreur face à tant de corps sanglants et purulents. La situation empire pour le vieillard lorsque Sylvain ressuscite sous ses yeux deux cadavres pour servir d’éclaireurs dans les tunnels de la mine. Le souvenir des araignées cervelles est encore bien présent dans les esprits. Dorothea finit de convaincre Burglekutt de sa nature de sorcière en faisant surgir du sol un disque flottant sur lequel une torche est posée. L’exploration peut reprendre.
Problèmes arachnides
Le groupe avance à la suite du disque et des deux zombies. Au premier croisement, Sylvain envoie un zombie dans la cavité de droite, encore inexplorée. Les murs sont recouverts de fils gluants. 4 tonneaux et un coffre sont aperçus dans l’ombre. Le zombie, pataud, arrache une partie des fils. Une onde électrique se propage et bientôt des cris arachnides se font entendre dans le couloir principal. 3 énormes araignées cervelles de la taille d’un gros chien foncent sur les aventuriers. La réponse est rapide, Sylvain envoie un zombie à leurs contacts pendant que Dorothea bascule le disque pour bloquer le tunnel. D’un geste funeste, Sylvain fait exploser le zombie, atomisant les 3 araignées, ébranlant l’ensemble de la structure de la mine. La poussière tombe du plafond, couvrant la compagnie d’une fine couche. Soudain, frappé d’un contrecoup arcanique, Sylvain tombe raide mort au sol. Le sort surpuissant lui a ôté la vie. "Burglekutt" remercie le Seigneur d’agir contre cette magie du diable. Dorothea et Angela, connaissant la nature des pouvoirs de la nécromancie, comprennent vite que le nécromancien n’est pas vraiment mort mais que son esprit a provisoirement été éjecté de son enveloppe charnelle. Son corps est déposé dans la chambre forte. Le groupe s’en occupera plus tard (Note du MJ : Ludo, qui incarne Sylvain, a donc joué comme remplaçant Burglekutt à son grand dam).
Afin d’éviter d’autres mauvaises surprises, Elric sort la boîte aux mouches (Voir "Boîte aux Mouches"). Une mouche, grosse, sous stéroïde, part en transe et commence l’exploration du corridor vers la porte romaine. Au delà de la porte, il découvre une immense salle, haute de plafond, ponctuée de cristaux gigantesques, donnant une lueur surréelle à la pièce. Au sud de la porte, la mouche s’approche d’un trou parfaitement circulaire, mais n’ose pas continuer, par effroi. Une souffrance intense s’en échappe, à la fois humaine et non humaine. Les araignées sont originaires de cet abîme. Dans cette même caverne, une construction cubique, monolithique, imposante, noire, mate, d’une matière sans aspérité. Incrustée dans son mur sud, une porte faite de dents finement assemblées.
La voie semble libre et Elric sort de la transe. Mais les aventuriers relâchent leur vigilance. En déplaçant les tonneaux et le coffre, le groupe oublie de vérifier une cavité. Une forme humaine gémissante s’y trouve et une explosion de sa boîte crânienne libère une nuée d' araignées roses. Elles passent devant le cadavre, semblant l’ignorer complètement et se dirigent droit vers Uggy. Réagissant avec agilité, il monte avec Elric sur le disque, suspendu à 30 cm de haut. Les araignées passent dessous, Angela, Dorothea se préparent à l’assaut. Mais les petites arachnides s’arrêtent, se répartissent autour du disque flottant. Elric détruit facilement l’essaim depuis ce perchoir, consommant la dernière fiole d’acide. Pour parer à toute éventualité dans la grande caverne, les 4 tonneaux qui se sont révélés contenir de la poudre noire, sont chargés sur le disque. A l’intérieur du coffre, une relique en forme d’oiseau est trouvée. Angela use de ses pouvoirs pour découvrir son secret. Le canari mécanique pépie en présence de gaz toxiques ou explosifs.
La grande caverne
Les tonneaux sont transportés dans la grande caverne. Pour pallier à tout danger, deux sont placés près de l’abîme circulaire et deux sont placés près de la porte aux dents de l’étrange structure. Dorothea maintient son disque à proximité du trou, prêt à le boucher rapidement. Elric tente sans succès d’ouvrir la porte en dents avec son pied-de-biche. Angela, agacée par cette médiocrité masculine, prend le pied et ouvre la porte qui cède devant sa force.
Elle dévoile une vision d’un autre monde. Au fond du bloc, une momie gigantesque, tenant dans sa main gauche un sceptre en os et, dans sa main droite, un énorme rubis. De chaque côté sur les murs, d’étranges êtres malingres et gris sont sous des cloches de verre, flottant dans un liquide visqueux, entre deux états, morts et vivants. La pièce est éclairée par une orbe bleutée qui lévite proche du plafond. Au pied de la statue, Angela et Elric aperçoivent une trappe. Sûrement un piège.
Pendant cette découverte, Sylvain revient à la vie dans la chambre forte. A côté de lui gît le cadavre de Rudolf Faber, l’oncle de Dorothea. Il le réanime rapidement, toujours avec sa corde au cou et l'entraîne vers la grande salle pour retrouver le reste de l’équipe. Burglekutt frôle la crise de nerf tandis que Dorothea, surprise au début, ne semble pas ébranlée à la vue de son oncle en cadavre animé.
Elric, Uggy, Angela et Dorothea discutent du meilleur plan pour réduire la menace des hommes gris et des araignées, tout en récupérant le sceptre et le diamant. Les discussions sont houleuses mais la décision est finalement prise de tout faire sauter, pour éliminer les deux problèmes d’un coup.
Sylvain profite du débat pour explorer une autre cavité, avec l’aide de Faber le mort-vivant. Il repère, derrière des toiles, une forme humaine bâillonnée. Uggy, le plus agile du groupe, parvient à accéder à la forme et dégager la personne sans toucher les fils d’araignées. Le jeune homme sorti du cocon de soie est sous le choc, pétri d’effroi. Il est bloqué ici depuis plusieurs jours et répète régulièrement “Je suis le prochain”. Le récit est fait d’une araignée gigantesque, aspirant le cerveaux des victimes, qui hante la grotte. La reine rôde toujours dans les parages.
Dans la salle de la momie, le plan s’organise. Deux tonneaux pleins de poudre ont été mis à l’intérieur. Elric et Uggy se lancent dans une action synchronisée épique ! Ils courent vers la momie, échangent le sceptre et le diamant contre un gourdin, évitent la trappe et ressortent. Elric est le seul à discerner le rictus qui paraît sur le visage parcheminé de la momie, tandis qu'une voix froide le félicite dans une langue morte : "Cith-Lir".
L’action est un succès. A un détail prêt. Elric ne peut détacher sa main du sceptre. Sa peau a fusionné avec le manche et la boite aux mouches dans sa poche réagit à la présence de la relique. Une réaction de chaleur commence à prendre forme et à changer le comportement d’Elric. Angela réagit rapidement en saisissant la boite, ce qui interrompt le phénomène.
Sylvain envoie son mort vivant dans la salle pendant que Dorothea cèle la porte. Il activera l’explosion du cadavre lorsque le groupe sera éloigné. L’ensemble du groupe se dirige ensuite en courant vers le seuil de la caverne, allumant la mèche des deux tonneaux sur le gouffre. L’explosion synchronisée entre la salle et le gouffre, fait trembler toute la mine. Les cristaux et pierres s’effondrent dans un fracas terrible. Elric, fermant la marche dans le corridor a le temps d’apercevoir la reine araignée, sortie de son antre, se faire écraser par la chute du plafond.
De retour à la surface
Le retour à la surface est un soulagement. La menace est éliminée, et ils ramèneront un survivant. Angela scrute le sceptre pour identifier la nature réelle de ses pouvoirs. Le don l’a saisie et tout s’éclaire : les hommes gris sont une race vivant loin dans les entrailles de la terre, ignorée des hommes. La relique est le sceptre royal de la race souterraine, porteuse d'une terrible malédiction : quiconque en prend possession devient aveugle et est attiré vers les profondeurs de la terre pour y régner. Il reste 4 jours à Elric pour trouver une solution qui dépasse les compétences des mages du groupe. Une personne puissante de l’église, tel un archevêque, pourrait peut-être lever la malédiction. Ou bien une sorcière puissante… du niveau d'une des 7 de Karlstadt ou du niveau du créateur du Tigre de Cristal : Willibald Schwartz.