Better Than Any Man # Episode 9
Avec
- Angela d’Erschel (Mage de l'Octarinat)
- Uggy Von München (Charlatan)
- Dorothea Faber (Sorcière Orthodoxe)
- Sylvain de Miroufle (Nécromancien)
- Emil J (Lansquenet)
Récit rédigé par : Hugo (aka Emil J)
Basse Franconie, Dimanche 5 octobre 1631
L’expédition reprend là où toute aventure sérieuse finit toujours par reprendre : dans un tunnel humide, étroit, et manifestement conçu par quelqu’un détestant profondément les proportions humaines. La compagnie s’engouffre dans le passage secret découvert sous la ferme abandonnée d’Uwe Bohl, direction Karlstadt.
En chemin, Dorothea partage une vision fraîchement infligée à son esprit : Elric, toujours sous l’emprise du bâton maudit (Voir l'épisode 7), aurait fui vers l'ouest. Vivant. Peut-être récupérable. L’information est accueillie avec la retenue émotionnelle habituelle du groupe, c’est-à-dire un silence vaguement concerné suivi d’une progression prudente. Ah ce vieux Elric, on l'aimait bien.
Le tunnel débouche sous les douves de Karlstadt, dans une salle carrée aux airs d’oubliette. Uggy et Emil adoptent immédiatement une stratégie sophistiquée : enfiler des uniformes de miliciens volés et abandonner une partie de leur arsenal afin de paraître vaguement crédibles. Dorothea profite du répit pour consulter sa mère par miroir interposé, récoltant quelques fragments d’informations : Karlstadt serait désormais gouvernée par des femmes ordinaires ayant brutalement pris le pouvoir — Ludmilla Röder, Jutte Beckmann et d’autres figures — chacune secondée d’une créature démoniaque. Peu de certitudes, ça fait beaucoup d'aléas.
Une porte coulissante en pierre révèle un débarras sans intérêt notable, suivi d’une trappe menant à une maison misérable occupée par une famille de gueux. Uggy improvise aussitôt un interrogatoire officiel totalement fictif, menaçant les habitants d’accusations de trahison tandis qu’Emil exfiltre discrètement les "prisonniers" vers la rue. L’opération produit la confusion escomptée mais livre aussi une information utile : Ludmilla « La Joie », tenancière de la taverne La Putain Éclairée (anciennement Le Pèlerin Ignare), serait une sorcière déclassée.
Pendant ce temps, Angela interroge une passante, Emma Gelb, et obtient un panorama du nouveau régime :
- La Surveillante : fanatique religieuse contrôlant strictement les entrées et sorties de la ville.
- La Protectrice : beauté troublante dont la proximité provoque un malaise quasi physique.
- La Donneuse, Jutte Beckmann : responsable d’un service alimentaire quotidien sur la grande place à quinze heures précises. Repas abondant, efficacité nutritive discutable.
Sylvain, toujours friand des virées en solitaire, choisit une fois encore une approche individuelle et part à la recherche de la Protectrice. Il l'aperçoit à une fenêtre d’un quartier étrangement déserté (la ville-forteresse semble pourtant trop étroite pour accueillir tous ses habitants et réfugiés), accompagnée d’un suivant constitué d’un amas de chair vaguement organisé, nettement moins plaisant à reluquer que la Dame. Considérant l’information suffisante au vue du profond malaise qui le gagne à mesure qu'il enquête, il rebrousse chemin et tombe sur un vieillard bien bavard qu'il s'empresse donc de questionner :
- Existence d’une imprimerie supervisée par une autre sorcière "Hedwig Meinecke", dite "La Sage" qui éduquerait de nombreuses jeunes filles à la pratique magique,
- Départ récent d’une des sorcières - "la Mère" - qui se serait installée au Mont Chauve, lieu de sinistre réputation (Voir l'épisode 2)
- L'autorité à Karlstadt émane principalement de la Surveillante, ses semblables intervenant manifestement moins activement dans la tenue de la Cité.
Dorothea et Uggy visitent la taverne La Putain Éclairée. A l'intérieur, l’établissement semble pâtir d'un ratio tristement courant : deux tiers d’hommes pour seulement un tiers de femmes. Mais quel spectacle en revanche : une atmosphère festive, oscillant entre communion mystique et foire aux pulsions mal contenues.
Ludmilla « La Joie » scrute et savoure la foule de ses grands yeux bleus, ravie du spectacle de débauche paroxystique qui s'offre à elle. Aucun monstre visible en revanche, détail suspect, nos héros tiquent...
Des clients loquaces venus se rincer l'œil expliquent alors que la Joie a confié sa créature à la Surveillante afin d’éviter tout débordement sexuel. Décision administrative admirablement ironique compte tenu du lieu.
Alors que Uggy se caresse l'avant-bras en essayant de se figurer à quoi peut bien ressembler une telle créature, Dorothea est immédiatement reconnue comme magicienne par La Joie, qui ne semble pas s'en formaliser le moins du monde. Les deux femmes échangent compliments et admiration professionnelle. Informations glanées :
- La Sage, à l'Ouest de la ville, enseigne non seulement la magie mais encourage activement ses étudiantes à tomber enceinte,
- La Surveillante possède richesse et radinerie en proportions identiques,
- Avant le soudain avènement des sorcières, elle étaient des femmes comme les autres.
Uggy, toujours prêt à donner de sa personne pour faire avancer les enquêtes, suit la Joie à l’étage sous les applaudissements enthousiastes de la clientèle. Derrière une porte peinte en jaune s’ouvre la suite premium de l'établissement. Là, sa volonté capitule rapidement, son corps sombrant dans un ravissement d’une ampleur rigoureusement proportionnelle à la diversité pathologique des MST qu’un établissement de cette nature permet d’acquérir sans même quitter sa chambre.
Profitant de ce sacrifice héroïque, Dorothea subtilise un grimoire abandonné sur le comptoir et quitte la taverne alors que la foule en délire entame sa 13e Queue-Leu-Leu. Une fois dehors et à l'abri, à sa grande surprise elle découvre que l'épais ouvrage ne contient qu'un unique sort : une sorte de démultiplicateur de sensation.
Uggy revient peu à peu à lui à mesure que la Joie renfile son habit. Avant de disparaître, cette dernière lui formule une demande : récupérer un fragment de sa créature, désormais détenue par la Surveillante.
Sur la grande place, Angela et Emil assistent quant à eux au service alimentaire. Marmites de brouée, miliciens disciplinés, ambiance presque festive. Il est 15h, Jutte Beckmann, la Donneuse, distribue les repas accompagnée d’une créature à l'allure de poulpe.
Angela est surprise de la facilité avec laquelle elle parvient à approcher la Donneuse, obtenant d'elle un entretien après le service.
Soupçonneux de la quantité phénoménale de rations que le poulpe distribue jovialement, Emil tente de soutirer des informations à un milicien dont l’amabilité s’avère strictement cosmétique. Mauvaise pioche, l’homme entreprend de l’emmener à l’église reconvertie en QG de la milice pour « rectification ». Alors qu'édifice et correction sont en vue, Angela intervient en libérant une nuée de mouches salvatrices. Emil s'empresse de fausser compagnie à son zélé gardien, filant présenter sa reconnaissance éternelle à la magicienne. Angela la décline avec dédain, préférant se hâter pour rejoindre la Donneuse qui lui livre alors plusieurs éléments :
- Elle connaît Uwe Bohl, le tenancier de la taverne "Aux Rois Mages" (Voir l'épisode 8)
- Une sortie de la ville est possible entre 11h et 11h30,
- Elle recommande fortement d'éviter toute maladie,
- Elle n'était que la veuve d'un boulanger avant la disparition inexpliquée de son amie Gabriele Bauer (la septième sorcière?), qui tenait un petit "club" d'amies à Karlstadt,
- La maison de Gabriele s’est effondrée, comme écrasée par une force divine. Ses souvenirs de cette période sont floues , mais sa vocation soudaine date d'alors.
- Une autre sorcière traîne en permanence au cimetière : la "Profanatrice".
Bravant le couvre-feu de 20h, Sylvain part immédiatement explorer ledit cimetière.
Le reste du groupe se dirige vers l’imprimerie où Hedwig Meinecke, dite "la Sage" est supposée enseigner la magie à de jeunes débutantes. C'est le soir d'où la porte close d'une masure finalement ordinaire... si ce n'est deux miliciens en faction et la présence inquiétante de ce qui doit être la créature de la Sage juchée sur le faîte du toit : une sorte de poupée vaudoue géante hérissée de griffes et de crochets. Angela lance un sort d'altération d’aspect et adopte l’apparence de ladite poupée vaudoue. Dorothea terrifie simultanément un garde ; par solidarité le second choisit aussi la fuite.
La voie étant libre, Dorothea s'engouffre dans l'habitation. Sa jeunesse et l'apparente candeur qui la caractérisent lui permettent d'engager la discussion avec la sorcière qui s'y trouve, vieille dame passablement inquiétante. Cette dernière propose de lui enseigner l'unique sort qu'elle connait : Chute ralentie (ahah mais quelle grosse nulle !), et explique avoir pour mission non seulement de diffuser la magie mais aussi de protéger les enfants à naître. Elle évoque un mystérieux « Club » auquel appartenait la fameuse Gabriele, veuve d'un mari et trois enfants. Dans un coin, un grimoire exposé sous verre attire l’attention de Dorothea, tentant maladroitement quelques parallèles. Il y a là un sujet que la sorcière refuse catégoriquement d’aborder.
Toujours déguisée en créature cauchemardesque, Angela entre alors dans la maison mais son apparition trouble la Sage. Alors que la véritable créature commence à se matérialiser, Angela déclenche un rayon prismatique que Dorothea accompagne d'une frappe à la dague.
Les hostilités sont ouvertes : Uggy et Emil interceptent les deux miliciens regaillardis, les éliminant dans l’entrée. Dorothea s’isole dans la pièce attenante, verrouille la porte et consulte avec un admirable détachement le grimoire pendant que ses compagnons transforment la maison en abattoir domestique. La Sage succombe finalement à une combinaison d’attaques peu élégantes mais efficaces. Passé un coup de botte bien ajusté et particulièrement décisif, Emil frotte avec soin et vigueur la pointe de ses chausses afin d'en retirer toutes traces de cervelle.
La mort de la Sage s'accompagne toutefois d'un troublant phénomène : sa créature s’élève et traverse le plafond avant de disparaître. Le grimoire compulsé par Dorothea révèle quant à lui un nouveau sort : Saut de génération.
Son contenu est reproduit ici pour la postérité, révélant la noirceur des desseins de la Sage désormais décédée...
Saut de génération
Orthodoxie P : Toucher C : Grimoire/Femme Enceinte D : Spécial
Apprentissage du sort :
Ce sort permet au lanceur d’inscrire sa mémoire dans ses descendants génétiques, cette mémoire s’activant à la lecture d’un « grimoire préparé spécialement » par le lanceur. La méthode pour préparer ce grimoire spécial n’est apprise qu’en copiant le sort « saut de génération » dans son propre grimoire. Ce sort ne peut donc pas être lancé à partir d’un parchemin ou d’un grimoire appartenant à un autre sorcier.
Création des grimoires spéciaux :
Le Sorcier crée un grimoire « spécial » marqué par l’influence de ce sort. Ce grimoire peut être lu par ses descendants génétiques. Il peut en réaliser autant qu’il le souhaite. Ces grimoires sont indiscernable d’autres grimoires.
Impression de mémoire génétique :
Le lancement véritable du sort nécessite 4 (dés), de passer à END 0, et de toucher le ventre d’une femme enceinte. Cela imprime les informations génétiques du lanceur dans les gènes du foetus. Cela n’aura aucun effet sur cet enfant, mais tous les descendants de cet enfant du même sexe que le lanceur devront faire une sauvegarde VOL à la naissance ou être identique génétiquement au lanceur. Si jamais l’un de ces descendants identiques lance un sort à partir d’un des grimoires spéciaux, il doit faire une sauvegarde VOL ou la conscience du lanceur, avec tous ses souvenirs de l’époque au moment du lancement du sort, efface et remplace la sienne définitivement. Le lanceur originel vit de nouveau !